25 avril, 2007

A la recherche du père Noel...



2 semaines dans le nord de la Norvège. Non, non, il faut revenir plus loin. Les causes. Trois ans auparavant, je fais un stage dans un labo de physique à Grenoble. Je m'entends bien avec mon superviseur Olivier. Il me propose alors de traverser le Vercors en un week end en ski de fond. J'y connais rien a ce sport mais l'idée est bonne, ca permet de se dépenser un peu, faire une ballade sympa, découvrir de beaux paysages. J'acquiesse. Malheureusement, le projet avorte, ou dira-t-on plutôt, évolue, s'étoffe, se développe et s'améliore pour finalement voire le jour un beau matin de janvier 2007: on partira à trois pour deux semaines (10-23 avril) en refuge au-delà du cercle polaire à s'amuser en ski de fond parmi les rennes et les lacs gelés à chercher le père Noel.



Olivier, l'organisateur, n'y est pas à sa première fois: il avait fait exactement la même chose en mars de son année de DEA..oui, à quelques semaines des exams.




Sur la carte, on devine à peu près l'endroit. A 40km au sud-est de Tromso (o barré), à la frontière Norvège-Suède-Finlande. Quelques 300km au Nord du cercle artique. La météo atteint régulièrement -15°C en avril.






Olivier étant prévoyant, il nous envoit un fichier pdf de tout le matos à emporter (Fabian qui est quelqu'un de prévoyant a dit qu'il allait s'en inspirer dans ses randos futures). Donc, on se retrouve avec des pelles, des cordes de 30m, des raquettes, un baton telescopique et d'autres details pour une moyenne de 3kg par personne à transporter..si jamais.. A cela, s'ajoute 750g de blé, semoule, riz, pates multipliés par 12 donc 3kg de plus par personne. Nos petites affaires personnelles (j'avais emporté 1.2kg de saucisson entre autres), ce qui finit par faire un sac de 20kg en moyenne avec l'eau et les chaussures.




Le plan était simple, on se donnait 3 jours tampon en cas de probleme grave (genre quelqu'un se fait manger par un ours et il faut bien un jour pour ramener le corps dans le village le plus près (parfois deux jours) et ensuite un jour pour remplir les papiers administratifs et un jour pour reprendre la route).






Finalement, on a passé 9 jours en Norvège dans les refuges DNT(un poele et 4 murs autour) et 3 jours en Suède(les jours tampon) dans les refuges STF(ultra moderne puisqu'il y a meme un sauna et une boutique et des gens). Total: près de 300km.






Bilan: toutes sortes de météo à commencer par la tempète de neige jusqu'à la pluie, la neige gelée, la neige grasse d'un mètre d'épaisseur dans laquelle tu peux pas avancer, parfois l'absence de neige, les lacs gelés(20km de traversé), les lacs pas gelés, les lacs presque gelés mais on passe quand même, les longues vallées sous le soleil et 10 minutes apres sous la tempete de neige et 30 minutes après sous le soleil de nouveau, les flancs de coteaux interminables avec les pieds gelés, la pente verglassée, le vent de coté et l'envie profonde d'aller se faire un petit mac Do avant d'aller au ciné..à ce moment précis. Le plus dur, c'est sûrement après 4h de lutte avec les éléments pour avancer en zigzag à un rythme misérable entre des bouleaux à escalader des petites collines juste à côté d'une rivière qui est peut etre suffisamment gelée mais dans le doute on y va pas et là, à bout de force, tu demandes si on a bientôt fini et Olivier, carte et boussole en main te dit qu'on vient de faire 40% de la montée et 1/3 de la distance..A ce rythme-là, on arrive à l'heure de devoir se coucher (19h30).




Pour faire encore rêver, je passe aux problèmes de santé. Evidemment, ca tombe pas sur n'importe qui. Les ampoules aux pieds de 2cm de large dès le deuxième jour, c'est pour les non initiés..d'ailleurs, elles me resteront jusqu'à la fin. Une journée classique commençait comme ça: pendant 3h, mes pieds me faisaient souffrir à chaque pas (les compeed ne tenaient pas plus de 3 jours) et après 3h, les épaules faisaient d'avantage souffrir alors j'oubliai la douleur aux pieds et je pouvais avancer un peu plus vite. Pour comparer, Olivier a eu mal aux épaules les 3 premiers jours et Baptiste se passaient encore du baume du tigre la dernière nuit. Pour les pieds, seul Olivier avec son cuir naturel de montagnard et sa creme akiléine anti-transpiration pouvait se targuer de n'avoir aucun probleme de pied ou de cheville. Le veinard.







Le reste de la journée était dévolue à des longues périodes sans paroles. On devait faire une pause toutes les 2h environ, le reste du temps, on doit avancer.






Le soir, il y avait le poele, le séchage des fringues et des chaussures, les infusions, thés, soupes, pates. Le matin (de 4h30 à 6h30-7h), le poele, les céréales et le café. Bref, quelquechose de très classique, non?






Au final, j'arrive pas à résumer tellement chaque jour a pu être différent. Aussi bien pour la météo, les paysages, les refuges (le samedi soir, les jeunes norvégiens vont faire la teuf dans les refuges!!), les conditions physiques, les distances et les temps mis pour les parcourir, le moral. On se baladait entre 18km et 40km, entre 5h et 12h par jour (12h pour 18km d'ailleurs..du coté de Dividalshytta, la neige fait chier, les arbres aussi), entre -12°C et +6°C, entre grand beau temps et tempetes, paysages lunaires et forêt denses.







Pour les anecdotes, Olivier a perdu son alliance le premier jour..et l'a retrouvé 3 jours avant la fin dans le fond de son sac. Baptiste et moi avions des batons de location qui sifflaient dès qu'il y avait du vent..un bon indice avant la tempête. La nuit quand on veut aller aux toilettes à cause des 15 infusions qu'on a bu pendant la soirée, il fallait habituellement s'habiller, mettre des chaussures meme si ca fait mal, quitter le refuge, s'enfoncer parfois dans la neige jusqu'au genou, affronter les -8°C et la tempête et les 30m qui séparent le refuge des toilettes..Un plaisir. Bon, ok, c'etait pas toujours aussi mauvais et en plus pour notre plus grand plaisir, bein, la nuit, la luminosité est encore assez importante alors si t'as le temps, tu peux admirer les paysages nocturnes.



Bref, plein de formidables souvenirs. Et je n'ai même pas parlé du fjord magnifique de Narvik ni de mes deux comparses avec qui l'ambiance a toujours été bonne.

4 commentaires:

Cécile a dit…

c'est assez pouissant comme trip... je crois que j'aurai vraiment pas pu apprecie un truc comme ca. mais je suis bien contente que Gero nous soit revenu pas trop estropie et qu'on puisse profiter des photos. Bon gero je crois que tu merites bien de changer la photo de la semaine...
et puis des que t'auras fini je veux bien que tu t'interesses serieusement a des dates de disponibilité pour le canada (c pas que je veux mettre la pression mais bon)

PY a dit…

Classe!

Julien a dit…

awesome!!!! c'est vrai que ca fait envie....non je parle pas de la photo de vos pieds...

Géraud a dit…

Allez, j'en étais sur, vous etes convaincu..bon, alors, l'année prochaine vers fin janvier debut fevrier, prevoyez un week-end de 3 jours pour traverser le jura en ski de fond sur des pistes balisées. Et sinon, cet été, vers juin, prévoyez le tour d'un lac (lac de luzern par exemple ou lac de constance) en vélo a moins que julien nous trouve des velos a Montreal.